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Bienvenue à toi visiteuse, visiteur.
Egoblog : je pense que c'est clair. Je vais parler de moi. 
Nulle quête d'absolution, du reste, mais de réactions, d'observations, et contradictions.

Mardi 7 novembre 2006 2 07 /11 /Nov /2006 12:37
On l'appelait Sensei, ainsi qu'on le doit à un maître. Il avait quelques disciples triés sur le volet qui s'occupaient de tout. Silencieux et déférents dans l'exécution des corvées, ils suivaient son enseignement agenouillés sur les tatamis ou les planchers polis.
Lui même avait beaucoup étudié. Les techniques - contours, remplissage et dégradés - comme les couleurs et leurs usages stricts, leurs associations. Son exigence allait jusqu'au choix du bambou, d'une variété particulière, dont il se servait pour introduire l'encre sous la peau de ses clients. L'éclat de ses pigments presque autant que son trait, unique et reconnaissable, lui assurèrent une réputation d’excellence. En peu d’années il s'était imposé comme un des maîtres de l'art du tatouage japonais.

Un jour, après bien des années, il estima avoir atteint son apex.  L’apogée de son art et celui de son existence d'homme. C'est en maître, conscient de ses limites, qu'il mesura cela. Il transmit alors la direction de son école à son meilleur élève, puis se retira, non loin de là, entre forêt et  montagne, dans un cabane au plancher nu. Achèvement dans sa pratique, prospérité et accomplissement lui avaient été accordés. Il estimait devoir achever sa vie avec reconnaissance, dans la méditation et une pratique plus spirituelle de son art. Cette dernière se concrétisa par l'abandon des couleurs et un choix de sujets édifiants : peinture de la vanité des choses, de leur déréliction, de la fatuité des ambitions humaines. Démons vert, pieuvres roulant dans les vague des abysses, rois gardiens des enfers, corps pourrissants ou damnés, fleurs vénéneuses aux pétales noires et grasses... Il avait imaginé que seuls quelques sages ou originaux viendraient à lui. Mais il lui fallut refuser des clients. Le monde, une partie en tout cas, était avide de ses prophéties comme de ses sujets grimaçants.

Pourquoi alors avait-il fallu qu'il mêle à ses encres noires et brunes ce lent poison qui gonflait ou rongeait les chairs, qui tordait les corps et ployait les esprits ?

Les journaux s'interrogèrent, titrèrent, titillèrent l'opinion publique, tentèrent de sonder les raisons de cet atroce abus de confiance.
Le procès s'ouvrit par une conférence de presse, dans le crépitement des flashes. Il se tenait raide, vêtu d'un kimono immaculé. Il affrontait sans expression le contraste présenté par la mêlée des photographes et l'immobilité des victimes défigurées. Les questions fusaient, toutes porteuses d’un unique " pourquoi ? ".
" Pour réaliser l'harmonie parfaite du fond et de la forme ", répondit-il comme s'il ne délivrait qu'un enseignement de plus.

L'accusé ayant reconnu les faits et opposé un complet silence à ses avocats puis à la cour, l'issue du procés fut sans surprise.
Reconnu coupable de toutes les charges, il fut exécuté quelques mois plus tard, par injection.
Par Anonymus B. - Publié dans : Considérations
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Mercredi 25 octobre 2006 3 25 /10 /Oct /2006 14:57
Il y a deux choses que je ne supporte pas chez cet imbécile : primo, ses cravates à hurler, à se faire péter les dents à force de grincements, et secondo, sa fascination pour la machine à réduire le papier en lambeaux. Si elle n’était pas trop imposante, avec ses 150 kg,  je pourrais dire qu’il la couve. C'est une obsession. Une fierté. Il m’a bien répété deux cent fois, ce que le lui avait soufflé le commercial de PaperMixer, faussement ému par le calva pousse-café :
« Une machine comme ça, ça vous transforme un annuaire parisien en tortillons ! »
L’argument avait rapporté un nouveau contrat à son auteur. Comme si nous déchiquetions quotidiennement des annuaires. Une absurdité qui n’empêche pas l’autre monomaniaque de m’infliger ensuite l’Extrait du Manuel d’Entretien, (celui que jouxte un point d’exclamation rouge) et qui précise qu’il est impératif de maintenir la grille d’entrée d’air dégagée. « C’est rapport à la puissance du moteur. » Quoi de plus beau, en effet, qu’un colosse victime de sa force ? Une leçon de philosophie…
Cette machine est la matérialisation mécanique de son petit pouvoir : rien de ce qui passe entre ses mains, devant ses yeux, ne doit subsister. Sous peine de conséquences incalculables. Il se prend pour une sorte de gardien, un Cerbère.
Et bien, il ne va pas tarder à se faire tirer sur la laisse, le molosse !

Lui, indigné :
« Mais, mais qui a foutu ce classeur devant la grille de prise d’air ?! »
Moi, faussement étonné :
«  Ca doit être Janine, tout à l’heure. Quand elle s’est assise sur ton bureau. Elle a du le faire tomber, vu qu’elle arrêtait pas de gesticuler. »
Tu parles ! C’est moi qui l’ai collé là, l’article de bureau.  Pendant que tu lui racontais une de tes blagues à Janine. Dans le bureau d’à côté.
Peu importe. Il ne m’écoute plus et se penche au dessus de la machine pour récupérer le classeur, de l’autre côté. Son atroce cravate balaie la fente et… bingo !

J’avoue être un peu déçu. Non pas que j’aie imaginé le voir finir dans le bac de récupération. Je ne crois pas que l’esthétique ait tant de poids en ce monde. Ca ne l’a même pas étranglé.
En revanche, il a abondamment couiné et contribué, par les mouvements de ses bras, à renouveler l’air  de la pièce. Janine est intervenue au bout d’un moment. Quand elle parvint enfin à le libérer, il était rouge, exorbité. Elle me regardait bizarrement, comme si elle venait de réaliser quelque chose de désagréable à mon propos. Puis il l’a violement repoussée en la traitant de « pauvre conne » et j’ai quitté ses pensées.
Je suis un peu déçu. Pas trop.
Faute de mieux sa cravate mickey, au moins, est en charpie.


Par Anonymus B. - Publié dans : Considérations
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Mercredi 25 octobre 2006 3 25 /10 /Oct /2006 12:46

Ca commence avec le petit déjeuner. Un gros tronçon de baguette, fendu, beurré, saupoudré de chocolat râpé. Râpé au couteau, ce qui fait des copeaux. C’est un truc de Mamie. Elle fait ça avec un couteau de table, manche de bois et lame de fer, usée par le fusil.
J’ai du boire quelque chose, aussi. Trop jeune pour le café... c’est du chocolat sans doute. On va dire un chocolat. Je quitte la cuisine et traverse la pièce principale, à la fois salle à manger et salon, avec ces meubles, faits d’une sorte de gros rotin verni, cloué grâce à de petites pointes dorées : un banc, qui fait mal aux fesses et ce gros buffet où l’on range les cartes, les petits chevaux, la piste de yam’s au tissu vert billard, ainsi que les bouteilles d’apéritif. Du coup ça sent un peu l’anis mêlé au bois. J’aime bien le canevas accroché juste au dessus.
Mamie a du rester à la cuisine. Papi je ne me souviens pas. Il est sans doute sorti acheter le journal, Sud Ouest, édition de Bordeaux, bien que l’on soit au pays basque. A Biarritz. Les cigarettes, grosses et brunes, dans leur drôle de paquet bleu à tiroir, ce sont des Gitanes, la marque familiale. Elles auront papi.
Je traverse donc cette pièce et ses gros meubles et je passe dans la chambre. Ce ne sont pas encore des lits superposés. Les cousins ne sont pas si nombreux. Il y a deux lits jumeaux, séparés par une table de chevet – dans le même rotin. Je prends mes affaires de plage. C’est juste une serviette et des claquettes rouges et bleues en plastique moulé. Ce que je porte ? Un bermuda et un t-shirt, comme toujours. Un coucher de soleil me barre la poitrine.
J’ouvre la fenêtre et me hisse tant bien que mal. Cette opération est rendue ardue par le garde-corps, dispositif superflu puisque c’est le rez-de-chaussée. Je me laisse glisser pour prendre pied sur le rebord qui fait le tour du bâtiment, à sa base. A dix centimètres au dessus du sol, à peine. L’objectif, le jeu plutôt, consiste à rester sur ce rebord pour atteindre l’entrée. C’est un jeu, puisqu’il me suffirait d’aller tout droit pour rejoindre l’allée et gagner la rue. Mais il me faudrait traverser de gros graviers bruyants, ces cailloux qui se glissent entre pied et claquette, il me faudrait piétiner dans ces sales graviers qui empêchent de bien marcher, comme du sable plus gros. Et puis c’est beaucoup moins drôle. Alors que là je contourne l’immeuble sur un rebord de trente centimètres de large, glissant, exposé aux vent, à une chute fatale et au repas des crocodiles... Faisant fi de tous les dangers, des pygmées, d’une poignée réducteurs de têtes jaillis de « l’oreille cassée » et des dakoïts de l'Ombre jaune. J’arrive à gagner l’entrée, l’allée bitumée et la rue.

C
’est une belle matinée d’été. Le soleil commence à peine à chauffer. Il y a un peu d’air. Le trottoir descend comme une introduction, une promesse. Je sais où il mène.
Je descend la rue, laissant courir mes doigts sur le béton râpeux des murs de la résidence. Ca écorcherait presque, pas vraiment. Jusqu’ici rien de bien extraordinaire. J’arrive sur une place triangulaire, passe devant le petit Casino. A l'ombre, ca sent le melon. Le patron se tient dehors en tablier, près de son étal surchargé de cagettes et de cartons. Je continue, tourne à droite au coin de la pâtisserie, spécialité de gâteaux basques et de roulés au citron. Je passe au soleil. Quelques pas à peine et j’atteins la droguerie. Le nom, me fascine : droguerie, ce n’est pas banal. Et puis il y a l’odeur, celle des accessoires de plastique encore neufs et de tous les produits chimiques stockés à l’intérieur. Un intérieur sombre par rapport à la luminosité du dehors, que je n’ai jamais exploré, où les gens doivent vivre dans une pénombre perpétuelle. Il y a enfin, sur le seuil, l'étal, un saisissant bric-à-brac où figurent pèle mêle des chaussure pour aller aux crabes, des pelles, des seaux avec des créneaux, d’autres pelles, des palmes noires en caoutchouc rendu odorant par la chaleur, des masques pour nager sous l’eau… Souvent je m’y arrête un moment.
Pas aujourd’hui : je continue, passe devant la boutique du boucher, tablier vichy et petite moustache soignée, puis le long du cinéma. Il y a à dire à son sujet. A commencer par le fait qu’il ressemble à tout sauf à un cinéma, justement. Mais l’épicerie fine, juste après, captive tout de suite mon odorat. A cette heure de la matinée elle embaume la rue. On y torréfie du café.
Plus loin il y a un très vaste garage automobile aux vitres brisée, à l’odeur étrange de gaz d’échappement froids. Pour changer, avant de l’atteindre, las de descendre, je tourne à nouveau sur ma droite. La rue, entre les villas massives, monte vers le phare. Je dépasse «crocodillos», une résidence secondaire aux fenêtres de laquelle sèchent toujours des serviettes de plage. Me voici au plus haut de mon trajet, à un carrefour. Ensuite, ça redescend.
Je regarde bien des deux côtés, comme on me l’a recommandé. A gauche l’avenue s'éloigne vers le centre-ville, en passant devant l’église orthodoxe au dôme d’azur façon antirouille. A droite elle monte vers le phare. Face à moi, à ma hauteur, au dessus des bâtiments qui bordent la plage : le ciel. Bleu, tendu en travers de l’espace.
Je traverse sur le passage piéton, m’engage dans une nouvelle descente, raide cette fois, qui mène à un escalier. Les volées de marches s’engagent dans l’ombre humide et saline entre deux hautes villas, un détroit sombre… Le moment que j’attendais.
Le cœur me bondit dans la poitrine. Je découvre la mer. Entre ces deux pans de pénombre, en bas de cet escalier. Une bande de vent, soudain, de lumière et d’écume. De bruit, aussi, celui des vagues, du ressac. Le grondement des rouleaux. Le son effervescent de l’écume sur le sable - que je ne peux encore qu'imaginer.
Tout se fige. Ca fait trois bandes : deux obscures et silencieuses qui encadrent cette ouverture vers la mer, vers l’élément mouvant, intense, vert et profond.
C’était dans mon enfance. A l’époque c’était toute ma vie.

Par Anonymus B. - Publié dans : Considérations
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Jeudi 5 octobre 2006 4 05 /10 /Oct /2006 18:23
Je connais plein de gens qui partent de là vers où je vais....
...
J'apprends à m'alléger. Ils tentent de s'ancrer.
Par Anonymus B. - Publié dans : Considérations
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Jeudi 5 octobre 2006 4 05 /10 /Oct /2006 11:35
J'ai refusé longtemps de lui donner de son diminutif : Manu. Même maintenant, je l'appelle plutôt Manuel.
Si au début, on n'imaginait pas que notre amitié s'étendrait au long de tant d'années, c'est qu'on s'est connu à un âge où on ne se projette guère, sinon en pilote de jet ou en écrivain à barbe. Et pourtant... Aujourd'hui on a tous deux entamé la trentaine. Il a une femme et deux adorables enfants, à Angers. Je traîne mon irrésolution, mes doutes, coups de tête et sursauts de girouette à la capitale.
Ca fait quoi ? Pas loin de 15 ans, maintenant que je compte Manuel comme ami.
Nos relations ont évolué. Je me suis longtemps  évertué à parler plus fort que lui, à prescrire et  à édicter.  Lui, n'en pensait sans doute pas moins. Il avait compris que comme le vent sur les lacs, mes goûts, intérêts et jugements variaient souvent. Que comme tels il ne fallait pas trop s'y attacher. Il a sans doute su trouver d'autres constantes, de celles que moi je cherche encore. De mon côté, je lui ai souvent reproché sa modération ou son manque d'opposition, feignant d'ignorer que dans bien des relation il y en a un qui a la courtoisie de s'effacer. Pas forcement le moins affirmé.
Nous avons grandi. Suivant nos voies, lui à Poitiers, moi à Bordeaux. Lui en lettres, moi en droit. Puis à Paris, lui à la PP moi dans les PC. Les années ont passé et nos relations ont évolué. Je m'aperçois que je cherche moins son opposition et plus son opinion. J'ai développé pour lui un profond respect, celui que l'on a pour l'intégrité et la fidélité.
Ce petit bout de texte, peu inspiré trainait depuis quelques jours, là dans mon tiroir digital. Je n'en serai jamais satisfait, car il ne peut être qu'imparfait. Je le libère donc.
Merci Manuel.
Par Anonymus B. - Publié dans : Considérations
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Samedi 23 septembre 2006 6 23 /09 /Sep /2006 12:03
C'est giboulées, ici, côté moral.
Curieusement ce grand beau temps n'y est pas pour rien.

L'automne m'a pris dans ses bras. Le ciel est pur, mais d'un bleu qui n'a plus l'innocence de l'été. Les ombres sont trop longues. La lumière oblique. Une petite boule de mélancolie vient me chatouiller le ventre.
...
Je m'ébroue. Après tout cet horizon lavé, ces rayons, même pâlis, fouettent le coeur. Il y a tant de choses à apprendre, tant de nuits à vivre. De musiques à découvrir. De livres et d'humains à lire. A aimer.
Il y a deux mois je tombais amoureux comme jamais. Alors que je désespérais de jamais connaître çà de nouveau. Double orgueil, en vérité.
...
J'ai probablement gagné une amie. Reste à voir comment cette nouvelle relation va se construire, bien sûr. C'est drôle comme je n'ai jamais laissé l'amertume gagner ma vision de l'amitié. Si je pouvais adopter la même tranquilité dans ma vie amoureuse...
...
Certitude : il reste beaucoup de surprises à venir.
Question : pourquoi seraient-elles toutes mauvaises ?
...
Portez vous bien, où que vous soyez.

Par Anonymus B. - Publié dans : Considérations
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Mardi 19 septembre 2006 2 19 /09 /Sep /2006 10:07

Quand j'étais petit j'ai mangé un clown. Seulement, il n'était pas frais.
Du coup, j'étais pas super drôle.
Après ce furent les années '80. Pour mémoire, Supertramp et les BeeGee's furent gobés par The Cure  et Joy Division. Les minces chevelus en chemise serrée et veste cintrée, au sourire tendu comme un foc, firent retraite devant des névrosés blafards vêtus de noir, dont l'inaltérable désespoir existentiel suffisait à détremper la mèche de toute bombe à gaîté. (La musique y a sans doute gagné, c'est vrai.)
Bien, c'est facile de s'ériger en victime du contexte. Je fus, après tout, un ado de la catégorie "pas très bien dans sa peau", gros lecteur, affichant une gravité blasée, et du désintérêt pour tout ce qui était populaire. Comme nombre de mes camarades,  je fléchissais surtout sous le poids de mon pucelage via le sourd, constant, vrombissement d'une sexualité qui ne trouve pas son exhutoire. Sans parler de mon incompréhension des arcanes de la psychologie féminine et du monde en général... Comme une partie de mes camarades, cela me fit geindre. Je me ceignis de la digne robe de l'incompris. Et l'époque, j'y reviens, s'y prêtait particulièrement.
Malheureusement, je m'endormis là-dessus.
Il me fallut 15 bonnes années pour prendre goût au sport, pour cesser de maintenir en permanence de complexes et innombrables taxinomies où ranger gens, disques, livres, films, idées, etc...
....
Où veux-je en venir ?
...
Et bien au fait qu'il y a un personnage au dedans de moi.
Un parasite qu'il est temps que j'expulse. Non, je ne suis pas schizophrène, - c'est une image. Cet Actarus diabolique prend les commandes à des moments clés, (voire simplement quand je pense à autre chose, soit à peu près tout le temps)  et me fait suivre de vieux comportements archaïques. Il a ainsi pris soin, au quotidien, de bloquer la touche sourire. L'idée, c'est qu'un visage ouvert fait superficiel et pas sérieux, alors qu'un faciès de héros du devoir soviétique, absorbé dans ses pensées, impose respect et désir.
De même quand ça va pas très fort, il fait en sorte que ça saute bien aux yeux de tout le monde. Ce qui naturellement est nul.
Il cherche une sorte de bienveillance permanente. Feint l'agressivité la moitié du temps et 
le reste évolue avec les mains en coquille autour des couilles. "Pas taper !"
...
Cette tendance se prolonge dans le choix de nombreuses choses (lires, films) et attitudes. Celle qui associe mélancolie, gravité voire pessimisme à émotion, profondeur et lucidité. (J'ai ainsi spontanément tendance à préférer un film sombre à une bonne comédie.) C'est aussi une stratégie de repli, un moyen de se donner de la marge en adoptant une attitude à la fois valorisé intellectuellement et commode existentiellement.
On est plein comme ça. Chacun à sa façon. Certains se voient en victimes, d'autres sont convaincus d'être incompris ou même simplement sans intérêt. Nous attendons que quelque chose survienne pour tout bouleverser. Pire nous n'attendons rien.
...
Et puis de temps en temps on croise une de ces personnes qui s'efforcent de ne jamais perdre le nord... et qui forcent le respect : comment font-elles ?

...


Mais surtout, où est-ce qu'on commence ?

Par Anonymus B. - Publié dans : Considérations
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Mardi 19 septembre 2006 2 19 /09 /Sep /2006 09:42
Tension et saisie. C'est drôle parce qu'il manquait dans ma très docte et théorique conclusion un élément pourtant évident. Attraper, tenir est un geste associé à la chute. La tension au contraire procède de l'équilibre. Entre les deux, sans doute, encore une fois, la peur.
N'y aurait-il pas là deux conduites d'adaptation face à elle, l'une permettant mieux que l'autre d'évoluer ?
...
Reste une simple question : comment s'exercer ?
...
Ceux qui ont répondu : " en vivant ", arrêtez de vous moquer de vos petits camarades.
Par Anonymus B. - Publié dans : Considérations
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Dimanche 17 septembre 2006 7 17 /09 /Sep /2006 12:10

A quoi bon être tendre si l'on n'est pas fort ?
...
Je sais les ambiguïtés de ce mot : fort. Il est décrié. Il a sa beauté, pourtant.
La force, n'est-ce pas déjà la capacité de se porter soi-même.
...
Je suis un tendre, un vrai, un gentil. Mais il me faudra, avant, être fort.

Par Anonymus B. - Publié dans : Considérations
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Vendredi 15 septembre 2006 5 15 /09 /Sep /2006 12:21
J'irai pas jusqu'à dire qu'aujourd'hui la vie est belle, mais hé, ça va bien !
J'ai vu un bon film hier soir. Je me suis pris une averse.
Je suis en paix avec moi même. Comment dire je sens des choses bouger aux tréfonds de mon cervelet. C'est épuisant, (je rêve, même ) mais on dirait que les vraies questions se font jour.
Je mesure aussi le chemin parcouru psychologiquement ces dernière années.
Je commence à me trouver bonne allure, aussi. J'ai quasiement atteint l'objectif (idéal) que je m'étais fixé il y a 3 ans, en terme de poids. Il est en tout cas à portée.
Enfin, en vrai je sens tout ça sans vraiment m'y appesantir. Et puis j'ai à faire.
Je n'ai pas oublié A., bien sûr, mais je crois que j'ai trouvé la perspective que je cherchais. Disons que je ne suis plus en train de me tortiller pour trouver la bonne chose à faire - tout en ne sachant pas ce que je veux. Je sais enfin ce que je veux. Et ne veux pas.
Toute relation, quelle qu'elle soit, mais pourvu qu'il y ait un peu d'ambition, implique un lien authentique et deux personnes. Quelle découverte, n'est-ce pas !? S'il y a déséquilibre entre les personnes on ne s'en sort pas. Ca ressemble à un cache-cache, à une course poursuite ou à une farandole, mais... ça le fait pas vraiment. Par ailleurs si les personnes sont bien là mais que le lien est faible ou inexistant, qu'il y a malentendu... c'est pareil, y'a a un qui court et un qui fait du sur place.
Deux personne un lien. Je dis pas que cela est la solution à tout, il faut souvent savoir aménager. Mais c'est le kit minimum. Celui en tout cas où les décisions se prennent ensemble, où l'on fixe une claire hiérarchie des priorités. Où la relation vit réellement - et où elle meurt parfois, oui. Mais en connaissance de cause.

Je me relis. C'est, comment dire, fascinant de me regarder, avec ce bel enthousiasme, enfoncer des portes ouvertes ! Riez, riez... n'empêche, j'avance.

Ah, et quel rapport justement avec A ? Ben, que je ne peux faire l'économie d'une confrontation.

P.S.
Bootsy Collins dans les baffles et tortillage de hanches sur ma chaise de bureau. Meeerde c'est trop bon.
Par Anonymus B. - Publié dans : Considérations
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