Bienvenue
Bienvenue à toi visiteuse, visiteur.
Egoblog : je pense que c'est clair. Je vais parler de moi.
Nulle quête d'absolution, du reste, mais de réactions, d'observations, et contradictions.

Bienvenue à toi visiteuse, visiteur.
Egoblog : je pense que c'est clair. Je vais parler de moi.
Nulle quête d'absolution, du reste, mais de réactions, d'observations, et contradictions.
Ca commence avec le petit déjeuner. Un gros tronçon de baguette, fendu, beurré, saupoudré de chocolat râpé. Râpé au couteau, ce qui fait des copeaux. C’est un truc de Mamie. Elle fait ça avec un couteau de table, manche de bois et lame de fer, usée par le fusil.
J’ai du boire quelque chose, aussi. Trop jeune pour le café... c’est du chocolat sans doute. On va dire un chocolat. Je quitte la cuisine et traverse la pièce principale, à la fois salle à manger et salon, avec ces meubles, faits d’une sorte de gros rotin verni, cloué grâce à de petites pointes dorées : un banc, qui fait mal aux fesses et ce gros buffet où l’on range les cartes, les petits chevaux, la piste de yam’s au tissu vert billard, ainsi que les bouteilles d’apéritif. Du coup ça sent un peu l’anis mêlé au bois. J’aime bien le canevas accroché juste au dessus.
Mamie a du rester à
Je traverse donc cette pièce et ses gros meubles et je passe dans
J’ouvre la fenêtre et me hisse tant bien que mal. Cette opération est rendue ardue par le garde-corps, dispositif superflu puisque c’est le rez-de-chaussée. Je me laisse glisser pour prendre pied sur le rebord qui fait le tour du bâtiment, à sa base. A dix centimètres au dessus du sol, à peine. L’objectif, le jeu plutôt, consiste à rester sur ce rebord pour atteindre l’entrée. C’est un jeu, puisqu’il me suffirait d’aller tout droit pour rejoindre l’allée et gagner
C
Je descend la rue, laissant courir mes doigts sur le béton râpeux des murs de
Pas aujourd’hui : je continue, passe devant la boutique du boucher, tablier vichy et petite moustache soignée, puis le long du cinéma. Il y a à dire à son sujet. A commencer par le fait qu’il ressemble à tout sauf à un cinéma, justement. Mais l’épicerie fine, juste après, captive tout de suite mon odorat. A cette heure de la matinée elle embaume
Plus loin il y a un très vaste garage automobile aux vitres brisée, à l’odeur étrange de gaz d’échappement froids. Pour changer, avant de l’atteindre, las de descendre, je tourne à nouveau sur ma droite. La rue, entre les villas massives, monte vers le phare. Je dépasse «crocodillos», une résidence secondaire aux fenêtres de laquelle sèchent toujours des serviettes de plage. Me voici au plus haut de mon trajet, à un carrefour. Ensuite, ça redescend.
Je regarde bien des deux côtés, comme on me l’a recommandé. A gauche l’avenue s'éloigne vers le centre-ville, en passant devant l’église orthodoxe au dôme d’azur façon antirouille. A droite elle monte vers le phare. Face à moi, à ma hauteur, au dessus des bâtiments qui bordent la plage : le ciel. Bleu, tendu en travers de l’espace.
Je traverse sur le passage piéton, m’engage dans une nouvelle descente, raide cette fois, qui mène à un escalier. Les volées de marches s’engagent dans l’ombre humide et saline entre deux hautes villas, un détroit sombre… Le moment que j’attendais.
Le cœur me bondit dans
Tout se fige. Ca fait trois bandes : deux obscures et silencieuses qui encadrent cette ouverture vers la mer, vers l’élément mouvant, intense, vert et profond.
C’était dans mon enfance. A l’époque c’était toute ma vie.
Quand j'étais petit j'ai mangé un clown. Seulement, il n'était pas frais.
Du coup, j'étais pas super drôle.
Après ce furent les années '80. Pour mémoire, Supertramp et les BeeGee's furent gobés par The Cure et Joy Division. Les minces chevelus en chemise serrée et veste cintrée, au sourire tendu comme un foc, firent retraite devant des névrosés blafards vêtus de noir, dont l'inaltérable désespoir existentiel suffisait à détremper la mèche de toute bombe à gaîté. (La musique y a sans doute gagné, c'est vrai.)
Bien, c'est facile de s'ériger en victime du contexte. Je fus, après tout, un ado de la catégorie "pas très bien dans sa peau", gros lecteur, affichant une gravité blasée, et du désintérêt pour tout ce qui était populaire. Comme nombre de mes camarades, je fléchissais surtout sous le poids de mon pucelage via le sourd, constant, vrombissement d'une sexualité qui ne trouve pas son exhutoire. Sans parler de mon incompréhension des arcanes de la psychologie féminine et du monde en général... Comme une partie de mes camarades, cela me fit geindre. Je me ceignis de la digne robe de l'incompris. Et l'époque, j'y reviens, s'y prêtait particulièrement.
Malheureusement, je m'endormis là-dessus.
Il me fallut 15 bonnes années pour prendre goût au sport, pour cesser de maintenir en permanence de compl
....
Où veux-je en venir ?
...
Et bien au fait qu'il y a un personnage au dedans de moi.
Un parasite qu'il est temps que j'expulse. Non, je ne suis pas schizophrène, - c'est une image. Cet Actarus diabolique prend les commandes à des moments clés, (voire simplement quand je pense à autre chose, soit à peu près tout le temps) et me fait suivre de vieux comportements archaïques. Il a ainsi pris soin, au quotidien, de bloquer la touche sourire. L'idée, c'est qu'un visage ouvert fait superficiel et pas sérieux, alors qu'un faciès de héros du devoir soviétique, absorbé dans ses pensées, impose respect et désir.
De même quand ça va pas très fort, il fait en sorte que ça saute bien aux yeux de tout le monde. Ce qui naturellement est nul.
Il cherche une sorte de bienveillance permanente. Feint l'agressivité la moitié du temps et le reste évolue avec les mains en coquille autour des couilles. "Pas taper !"
...
Cette tendance se prolonge dans le choix de nombreuses choses (lires, films) et attitudes. Celle qui associe mélancolie, gravité voire pessimisme à émotion, profondeur et lucidité. (J'ai ainsi spontanément tendance à préférer un film sombre à une bonne comédie.) C'est aussi une stratégie de repli, un moyen de se donner de la marge en adoptant une attitude à la fois valorisé intellectuellement et commode existentiellement.
On est plein comme ça. Chacun à sa façon. Certains se voient en victimes, d'autres sont convaincus d'être incompris ou même simplement sans intérêt. Nous attendons que quelque chose survienne pour tout bouleverser. Pire nous n'attendons rien.
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Et puis de temps en temps on croise une de ces personnes qui s'efforcent de ne jamais perdre le nord... et qui forcent le respect : comment font-elles ?
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Mais surtout, où est-ce qu'on commence ?
A quoi bon être tendre si l'on n'est pas fort ?
...
Je sais les ambiguïtés de ce mot : fort. Il est décrié. Il a sa beauté, pourtant.
La force, n'est-ce pas déjà la capacité de se porter soi-même.
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Je suis un tendre, un vrai, un gentil. Mais il me faudra, avant, être fort.
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